mardi 17 octobre 2017

Daniel Morin - Où est le problème ?





Daniel Morin m’a fait parvenir il y a quelques jours son dernier livre, tout juste paru chez Accarias l’Originel. Certains d’entre vous le savent, Daniel était en quelque sorte le « bras droit » d’Arnaud Desjardins à Hauteville. Ancien ouvrier dans la métallurgie, son regard perçant, son verbe franc, incisif, sans détour et sa grande bienveillance ont marqué tous ceux qui ont croisé son chemin. Pour ma part, je considère avoir été l'élève de Daniel autant que celui d’Arnaud et lui voue la même pleine et entière gratitude. 

Aujourd’hui, si je devais ne garder qu'un seul livre de ma bibliothèque spirituelle, patiemment constituée depuis l'adolescence, ce troisième ouvrage de Daniel, annoncé comme le dernier, me conviendrait parfaitement. Depuis son premier livre pour Jean-Louis Accarias (éditeur de mon petit Livre du Silence et surtout de tant de classiques de la spiritualité), Daniel n’a cessé d'élaguer l’arbre de sa parole jusqu'au plus près de ce que les mots peuvent tenter de pointer, à zéro centimètre de tout, à moins d’un cheveu du silence.

L'ésotérisme, la quête spirituelle, s’avère être la plupart du temps un chemin très long et très détourné pour parvenir à ce qui est déjà là, une façon de composer avec nos plus fines stratégies d'évitement et d’emprunter parfois les voies du symbole et du rêve pour éclairer le réel, l’instant, sous un jour totalement insoupçonné du conditionnement ordinaire, du moi fantôme et de ses fantasmagories. Car « Rien n’est au-dessus du fait d’être soi-même, c’est-à-dire d’être un avec. »

Daniel prend ses petits lapins de lecteurs par la peau du cou et les reconduit patiemment mais fermement à ce qui est, face à la plus évidente et souvent cuisante question : « Où est le problème ? » La conviction, essentielle, que « la connaissance humaine est toujours dans l'ombre de son ignorance » illumine tout l'ouvrage. Je ne saurais trop recommander ces 150 pages qui incarnent au mieux le bel aphorisme de René Char : « La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. »

mardi 29 avril 2014

Amour


L'existence collée à l'existence 
ne peut laisser s'exprimer pleinement l'existence. 

Seul le retour conscient à l'Etre, 
par et au sein duquel l'existence se déploie, 
permet à celle-ci de brûler librement, 

et cette brûlure est alors perçue comme celle de l'amour même. 



La raison du coeur



"La croyance en Dieu est le déni de Dieu" écrit Jeff Foster. Comme ces mots sonnent juste ! Mais on peut dire aussi que d'une certaine manière, Dieu existe pour une bonne raison. Si Dieu existe, c'est parce que Dieu n'est pas Amour, mais L'Amour. 

Dieu est juste un autre nom pour l'Amour. Voilà pourquoi l'homme a tant besoin de lui, voilà pourquoi il a tant besoin de l'homme ! 

Une fois cela compris, toute distinction entre croyants et non-croyants s'abolit dans la seule raison véritable : la raison du cœur.


Rencontre avec Rodolphe Massé - Paris, les 13, 14 et 15 Juin - Etre Présence

Voilà, les amis. Paris, c'est parti ! Premier week-end de Rencontres pour Etre Présence. C'est en Juin, les 13, 14 et 15. Conférence le 13 au soir. Journées complètes les 14 et 15. On partagera ensemble sur la vie, l'amour, la liberté... les grands Waoow, les grands Whooosh... et la douceur de se laisser brûler.
Merci de partager et d'en parler autour de vous ! A très bientôt.

Rodolphe

Tous les renseignements ici : http://www.etrepresence.org/sp/2014-06-juin/510-la-lumiere-du-reel-rencontre-avec-rodolphe-masse.html

Rencontre avec Rodolphe Massé - Paris, les 13, 14 et 15 Juin - Etre Présence
La Lumière du Réel


« Il faudrait remplacer le mot spiritualité par le mot Vie.

La seule question est : qu’attendons-nous de la Vie ? Comment souhaitons-nous vivre vraiment ?

Il ne s'agit jamais de nier notre humanité, mais de la célébrer.
Ce n'est possible qu'en revenant constamment à ce que nous sommes : pure ouverture, pure conscience ; donc pure joie, pure liberté.

Voyez le Je comme une Elle, comme un Il... et cette aile ou cette île, comme un jeu.

Toute votre vie, vous vous êtes pris pour votre personnalité, pour la personne, pour le masque.
Et pourtant, toute votre vie, en amont, vous avez été le témoin de votre personnalité, la conscience qui l'anime et peut en témoigner.

C'est une question d'attention à ce qui se passe vraiment.

Cette conscience qui témoigne de votre vie, c'est la Vie qui s'exprime, personnelle et relative en apparence, en surface ; universelle et absolue en réalité, en profondeur. »


Rodolphe Massé est l'auteur du Livre du Silence – 111 Portes sur le Royaume, paru en juin 2013 aux Editions Accarias – L'Originel, préfacé par Catherine Harding et Alejandro Jodorowsky.

Né en 1973, Rodolphe est poète, scénariste, pianiste et compositeur. Ancien élève d’Arnaud Desjardins et de Daniel Morin, il rencontre ensuite Alejandro Jodorowsky.

Il partage aujourd’hui sa propre expérience de l’Éveil à travers textes et musiques, mais aussi par une transmission directe, au fil de rencontres et d’entretiens.

Son approche se veut extrêmement directe, pragmatique et chaleureuse, dans une perspective étonnamment proche de celle de Jean Klein : laïque et non-dogmatique, elle vise l'essence même de toute voie spirituelle, religieuse ou philosophique authentique.

Une transmission mûrement réfléchie, fruit d'une réflexion passionnée de vingt années sur l'infinie diversité des expressions d'une expérience spirituelle unique et commune à toute l'humanité (appelons-la par commodité « Eveil »), qui le conduit à rechercher sans cesse, à l'image d'un Douglas Harding, de nouveaux outils pédagogiques et formulations toujours plus en phase avec notre temps, afin d'aider chacun à pointer plus finement vers la « lumière infiniment simple », la lumière du réel.


« Vous êtes ici parce que vient un moment où le fruit est mûr ! Le fruit est mûr pour se rendre compte que nous sommes emportés par une histoire à laquelle il est pourtant impossible d'adhérer totalement, à 100 %. Et cette histoire est celle de la conscience, indivisible et sans limites, qui soudain se prend pour un tout petit moi séparé, une personne, c'est à dire un corps et un nom, une forme limitée circonscrite dans l'espace, le temps et la causalité. Un masque. L'enjeu pour l'être humain a toujours été de répondre à la question « Qui suis-je ? ». Par conséquent, de tomber le masque et de s'éveiller de ce rêve.

Le moindre de vos désirs comme de vos peurs dissimule cet enjeu, aussi sûrement que le personnage que vous jouez sur la scène du monde camoufle bien maladroitement votre véritable nature. Vous êtes le Soi de tous les êtres. Vous êtes liberté et rien ne peut changer cela.

L'Eveil jette un éblouissement sur toute chose, révélée dans sa vérité : son lien avec la totalité, reposant dans sa propre absence, donc sa véritable présence. Alors, le miracle de la rencontre a lieu : l'amour naît, l'ouverture répond à l'ouverture. Mon absence rencontre ta propre absence ; voilà la véritable présence, voilà l'amour vrai et sans fin.


En vérité, l'ego ne pèse pas l'ombre d'un poil du poids d'une plume d'une aile de papillon sur l'Etre.

La lumière du réel, de la conscience, doit contaminer le personnage. Son virus ne doit rien laisser, sinon l'infini dont elle témoigne sans cesse à travers les formes finies.»

Blog : http://dialogueaunevoix.blogspot.com/

Au sujet du  Livre du Silence – 111 Portes sur le Royaume :

« Chacun de ces textes est une clé, une porte entrebaillée ; tous chantent le Royaume, le Réel, la Vérité, l'Amour, l'Etreté, l'Unicité. Qu'ils soient d'Arnaud Desjardins, Jean Klein, Francis Lucille, Jodorowsky, Nisargadatta ou de lui-même, l'inspiration provient de la même source : « Je Suis ». Les expériences spirituelles auxquelles l'auteur nous convie s'enracinent dans le ''Voyez par vous-même''.» 

3e Millénaire #109, automne 2013



Vendredi 13 juin 19h45
104, rue de Vaugirard – PARIS 6°
M° St Placide ou Montparnasse
Bus 89, 94, 95 arrêt Littré
Plan
Participation 8 €, sans réservation

samedi 14 et dimanche 15 juin
de 10h30 à 16h30 (accueil à 10h)
Lieu : 11 rue René Villermé, M° Père Lachaise
Plan
Participation : 120 € les deux jours si réservation, au lieu de 140€
100€ pour les chômeurs, étudiants ou les membres-adhérents ayant réservé,
à jour de la cotisation 2014.

Hébergement à prix très raisonnable

Réservation souhaitée, mais non-obligatoire

Si vous rencontrez des difficultés, n'hésitez pas à envoyer
un email à etre.presence@gmail.com

samedi 29 mars 2014

RENCONTRE A PARIS EN JUIN : ETRE PRESENCE, les 13, 14 et 15 JUIN 2014


Dans le cadre des activités d'ETRE PRESENCE, un premier séminaire parisien de Rodolphe Massé, les vendredi 13, samedi 14 et dimanche 15 JUIN 2014.

ETRE PRESENCE accueille régulièrement de nombreux enseignants/témoins/amis spirituels, parmi lesquels Jeff Foster, Francis Lucille, Karl Renz, Rupert Spira, mais aussi Daniel Morin, Laurent Lévy ou Lisa Cairns.

Conférence / Echanges le vendredi 13 Juin au soir, 
au Forum 104, 104, rue de Vaugirard, Paris 6°

Séminaire les 13 et 14 Juin, 
11 rue René Villermé, Métro Père Lachaise

Davantage de renseignements très prochainement ici même, sur le site http://www.etrepresence.org
et sur Facebook.


« Il faudrait remplacer le mot spiritualité par le mot Vie. 

La seule question est : qu’attendons-nous de la Vie ? Comment souhaitons-nous vivre vraiment ?

Il ne s'agit jamais de nier notre humanité, mais de la célébrer.
Ce n'est possible qu'en revenant constamment à ce que nous sommes : pure ouverture, pure conscience ; donc pure joie, pure liberté.

Voyez le Je comme une Elle, comme un Il... et cette aile ou cette île, comme un jeu. 

Toute votre vie, vous vous êtes pris pour votre personnalité, pour la personne, pour le masque.
Et pourtant, toute votre vie, en amont, vous avez été le témoin de votre personnalité, la conscience qui l'anime et peut en témoigner.

C'est une question d'attention à ce qui se passe vraiment.
Cette conscience qui témoigne de votre vie, c'est la Vie qui s'exprime, personnelle et relative en apparence, en surface ; universelle et absolue en réalité, en profondeur. » 


« Vous êtes ici parce que vient un moment où le fruit est mûr ! Le fruit est mûr pour se rendre compte que nous sommes emportés par une histoire à laquelle il est pourtant impossible d'adhérer totalement, à 100 %. Et cette histoire est celle de la conscience, indivisible et sans limites, qui soudain se prend pour un tout petit moi séparé, une personne, c'est à dire un corps et un nom, une forme limitée circonscrite dans l'espace, le temps et la causalité. Un masque. L'enjeu pour l'être humain a toujours été de répondre à la question « Qui suis-je ? ». Par conséquent, de tomber le masque et de s'éveiller de ce rêve. 

Le moindre de vos désirs comme de vos peurs dissimule cet enjeu, aussi sûrement que le personnage que vous jouez sur la scène du monde camoufle bien maladroitement votre véritable nature. Vous êtes le Soi de tous les êtres. Vous êtes liberté et rien ne peut changer cela.

L'Eveil jette un éblouissement sur toute chose, révélée dans sa vérité : son lien avec la totalité, reposant dans sa propre absence, donc sa véritable présence. Alors, le miracle de la rencontre a lieu : l'amour naît, l'ouverture répond à l'ouverture. Mon absence rencontre ta propre absence ; voilà la véritable présence, voilà l'amour vrai et sans fin. 

En vérité, l'ego ne pèse pas l'ombre d'un poil du poids d'une plume d'une aile de papillon sur l'Etre.

La lumière du réel, de la conscience, doit contaminer le personnage. Son virus ne doit rien laisser, sinon l'infini dont elle témoigne sans cesse à travers les formes finies. »




vendredi 21 mars 2014

LE CHANT DERRIERE LA FENETRE, LE SAULE DANS LE JARDIN...


Rappelle-toi le chant derrière la fenêtre...

Des enfants jouent dans la cour, 
des enfants rient dans la classe au premier matin de la vie et du monde.
Et Messiaen joue la joie de la grâce.
Le chant derrière la fenêtre, le saule dans le jardin...

Sur un banc public deux amoureux s'embrasent, 
seuls au monde, au midi éclatant du cœur ouvert.
Et Messiaen joue la joie de la grâce.
Le chant derrière la fenêtre, le saule dans le jardin...

L'ennui fait tinter ses grelots tristes dans les couloirs de l'assemblée nationale, 
dans la morne grisaille du pouvoir et de la lente théorie des egos.
Et Messiaen joue la joie de la grâce.
Le chant derrière la fenêtre, le saule dans le jardin...

Une femme dont le compagnon vient de violer et tuer son enfant 
crie son désespoir dans la grande nuit de l'âme.
Et Messiaen joue la joie de la grâce.
Le chant derrière la fenêtre, le saule dans le jardin...

Un vieil homme se tord dans son lit de douleur, 
au crépuscule du nom, du corps et du temps.
Et Messiaen joue la joie de la grâce.
Le chant derrière la fenêtre, le saule dans le jardin...

JE T'AIME.
JE T'AIME signifie TOUT CE QUI SE PRODUIT, 
JE T'AIME signifie TOUT CE QUI EST.
Et Messiaen joue la joie de la grâce.
Rappelle-toi le chant derrière la fenêtre ; le saule dans le jardin... 



musique : très belle transcription pour orgue de l'air de l'Ange musicien, extrait de l'opéra d'Olivier Messiaen, Saint François d'Assise


lundi 10 mars 2014

RIEN


Vois clairement qu'avant de naître, tu n'étais rien et que ce rien, loin de n'être rien, était plénitude absolue du tout indivisible. 

Puis l'existence apparaît au sein de l'Etre, mais au fond il ne se passe rien de plus, rien de moins. 

L'existence (la forme) est une modalité de l'Etre (le vide) qui apparaît en son sein. 

L'Etre ne peut ni s'identifier à l'existence ni aucunement être affecté par elle. 

La contraction ne concerne que l'existence, petite bulle d'Etre à la surface de l'Etre. 

Tu es toujours la plénitude du tout indivisible, tu ne peux pas ne pas l'être. 

Tu ne peux te réduire à quelque chose, à quoi que ce soit, qu'en surface. 

Tu n'étais rien, tu n'es rien, tu ne seras rien.  

En ce rien réside la gloire du tout. 

Sa paix, sa joie, son amour. 

mardi 11 février 2014

Le grand WHOUUUUUUUUUUUUUUUSH !



La carapace que vous vous reconnaissez parfois endosser malgré vous va bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer. Elle crée un voile fin, mais totalement impénétrable entre vous et vous, entre le Royaume et vous, qui change la réalité en cauchemar de souffrance sans cesse redoutée et de plaisir sans cesse recherché. 

Si le masque, le personnage est remis à sa place, si l'ego est clairement vu pour ce qu'il est - pure pensée apparaissant dans le ciel de la conscience - il peut arriver que soudain le voile tombe, il peut arriver que vous deviennent perceptibles ces intervalles atemporels entre chaque perception, entre chaque pensée. 

Il est possible que le Silence de la Présence alors vous décoiffe, dans la pure ouverture que vous êtes, soudain mise à nu, en plein jour. Il est possible que ce grand Whouuuuuush vous fasse tressaillir de bonheur, d'une intensité face à laquelle tout le reste n'est que paille. Il est possible que vous preniez goût à cette clarté, goût au parfum de la vérité, et que peu à peu le mensonge cristallisé de l'ego, le voile d'un moi séparé totalement inexistant - et pourtant si convaincant pour l'esprit raisonnant la totalité du monde et de la vie à partir de cette pensée racine  -, il est possible que cette persistante illusion d'optique de la conscience cède naturellement la place à la véritable nature de l'esprit, qui est absolue liberté, bonheur inouï, pure unicité, joie parfaite, vibrante, sans objet. 

Cela demande un acharnement face au mensonge, cela demande un formidable élan vers la vérité que bien peu possèdent, mais le fruit ne tombe qu'à maturité et vous ne tirez pas sur une fleur pour qu'elle pousse. Tant que le voile demeure, la souffrance joue son rôle d'appel, d'irritante invitation de la Beauté, de la Paix au cœur même du désastre. 

La brûlure par laquelle "un être" - l'Etre ! - libre et infini se réduit à peau de chagrin, est l'appel sourd, persistant, puis assourdissant de sa Vérité, de la lumière infiniment simple d'où toute velléité, toute appropriation, toute espèce d'emprise est simplement, et par amour, anéantie.



samedi 11 mai 2013

Le Livre du Silence - sortie le 21 Juin






Chers lecteurs et amis, je suis particulièrement heureux de vous annoncer la parution de mon premier livre pour les Editions Accarias - L'Originel, dont le catalogue prestigieux dirigé par Jean-Louis Accarias, est unique dans le domaine de la spiritualité et des textes de sagesse : des classiques du bouddhisme ou de l'hindouisme aux expressions les plus récentes de la sagesse laïque et de la non-dualité (Douglas Harding, Tony Parsons, Jean Klein, Francis Lucille, Swâmi Prajnanpad, Arnaud Desjardins, André Comte-Sponville, Stephen Jourdain, Karl Renz, Daniel Morin, Alexandre Jollien, mais aussi René Daumal, Swâmi Prajnanpad, Ramana Maharshi, Ma Anandamoyi, Ramdas, Hakuin, Bouddha...  etc.), quelle joie d'être en si bonne compagnie !

Le Livre du Silence - 111 Portes sur le Royaume sera disponible dès le 21 Juin dans toutes les bonnes librairies, ainsi que sur le site de l'éditeur : http://www.originel-accarias.com et bien entendu sur les sites d'achat en ligne (Amazon, Fnac, etc.).

Un immense merci d'avance à tous de votre soutien en partageant largement autour de vous cette information.


4e de couverture :

Il faudrait remplacer le mot spiritualité par le mot Vie.
La seule question est : qu’attendons-nous de la Vie ? Comment
souhaitons-nous vivre vraiment ?
Avec Le Livre du Silence, Rodolphe Massé souhaite
permettre à chacun de pointer directement et sans effort vers
le Royaume de l’Être qui nous fonde. L’ouvrage propose
111 accès directs vers l’Éveil, 111 portes que le lecteur a la
possibilité d’oser franchir ou non, à tout moment. Autant de
textes que l’auteur a par conséquent souhaités le plus directs
et limpides possibles. Alejandro Jodorowsky, qui signe le
prologue en forme d’ouverture, considère le premier, L’ultime
clivage, comme « un texte sacré, un sûtra ». Les portes
s’éclairent entre elles mutuellement par un système d’échos et
rendent aussi hommage, par l’entremise de certaines citations,
aux sages de toutes époques et traditions.
Voici 111 Déclarations d’Être et d’Amour. Chacune est
une clé, une porte entrebaillée. Un secret ouvert. Toutes
chantent le Royaume, le Réel, la Vérité. L’Amour. Et Tout
ce qui Est. Toutes s’abreuvent à la même Source : Vous. Moi.
« Je Suis. » Voici la voie directe. Expérimentez. « Voyez par
vous-même. »
Ce livre dégage un parfum exaltant. Ces différentes voix
nous accompagnent avec force vers la vérité de l’Être non
voilée par l’illusion de l’ego. Elles nous font découvrir cet
espace au coeur de l’homme où vibre la lumière.
Le Livre du Silence est ainsi une invitation à rester
fermement ancré dans la conscience, dans le réel, dans ce que
nous sommes vraiment.

Né en 1973, Rodolphe Massé est auteur, scénariste, pianiste et
compositeur. Ancien élève d’Arnaud Desjardins et de Daniel Morin,
il rencontre ensuite Alejandro Jodorowsky. Il partage aujourd’hui sa
propre expérience de l’Éveil à travers textes et musiques, mais aussi
par une transmission directe, au fil de rencontres et d’entretiens.


jeudi 25 avril 2013

Le Paradoxe du Chercheur



Même s'il est possible d'affirmer que toute recherche spirituelle est vaine – puisque tout est déjà là, puisque le chercheur est le cherché – , s'il est un but à cette quête, à toute quête, il est possible de le formuler ainsi : déplacer le point d'ancrage de la conscience, de la surface à la profondeur. 

A quel problème le chercheur semble alors immédiatement confronté ? Le problème apparaît quand on recherche un état particulier, spécial, lumineux, modifié par je ne sais quel agent externe – comme s'il pouvait exister un agent externe ! – qui apporte un contentement, un apaisement, voire une délivrance... mais sur le plan psychologique uniquement. Sur le plan de la petite personne, sans aucun changement réel de perspective.

Si par extraordinaire un tel sentiment apparaît, celui-ci sera immédiatement récupéré par l'ego pour sa propre survie. D'autre part, nécessairement transitoire, l'état éphémère sera fatalement suivi du mouvement inverse du balancier, aussi sûrement que le flux et le reflux de la vague. La contraction qui suivra l'expansion s'avérera alors bien plus intolérable après un tel sentiment d'ouverture. 

La lumière qui est l'enjeu bien réel de toute quête spirituelle est celle, absolue et non relative, qui précède tout phénomène, toute pensée, toute appropriation. Qui tout précède et d'où toute ombre ou lumière apparente procède. Déplacer le point d'ancrage de la surface à la profondeur consiste alors avant tout à voir, à reconnaître que cette profondeur de l'Etre précède et a toujours précédé la personne. Et que le niveau psychologique n'en est qu'une production évanescente, pâle reflet de l'Etre que nous sommes ; un simple rêve.

Tous les termes que nous pourrons employer pour désigner ce que nous sommes réellement (lumière ou présence absolue, éternelle, infinie) ne sont évidemment que de simples indices, des traces mortes du Vivant, des pointeurs conceptuels. Parce que le temps, l'espace, la causalité sont ses fruits, sont ses enfants – je devrais dire tes fruits, tes enfants, à toi qui lis ces lignes. A toi seul et certainement pas ceux d'un autre, car il n'y a pas d'autre ! Bien avancés, hein ? Alors, comment on fait avec ça ? 

Une fois que le point d'ancrage dans la profondeur est trouvé, il est vu qu'en réalité, nous ne l'avions jamais quitté. La paix au centre de la roue est immobile et impossible à quitter. L'apparent point d'ancrage en surface, où il nous semblait nous débattre, ballottés au gré de nos émotions et de nos pensées, avait toujours été irréel, fictionnel, virtuel... symbolique. Une convention. Le mot pris pour la chose, la carte prise pour le territoire. 

La quête n'a donc jamais eu lieu : le progrès spirituel ne prend place que dans l'apparence. On avance dans le mensonge et l'illusion (discours de la voie progressive) jusqu'à temps d'être en mesure d'entendre la Vérité que nous sommes (discours de la voie directe). Et même ce mensonge n'a au fond jamais quitté la Vérité. 

La petite personne étant un irréel pur, toute la souffrance psychologique prétendument associée à la personne est elle-même également irréelle. Ce qui ne veut pas dire qu'on doive confondre les niveaux : le niveau psychologique est vu comme fondamentalement irréel une fois le Réel démasqué, mais tout a toujours semblé bien réel au sein de cet irréel. Et si on commence à prétendre : « mais non, la petite personne ne souffre pas... », qui parle, sinon la petite personne en plein déni ? La petite personne souffre, elle est souffrance. On ne peut pas nier la souffrance de la petite personne, on peut juste remettre en question l'existence de la petite personne. On ne peut pas nier les problèmes de la petite personne ; il s'agit de voir la petite personne pour ce qu'elle est réellement : pure pensée, pur rêve. De voir et non de croire

Autrement dit, – et c'est tout le paradoxe de la Voie – , on ne peut pas raisonner en termes d'Eveil à l'intérieur de la petite personne. Le faire revient à renforcer celle-ci, l'ego, le moi étanche ou moi-enfant, appelez-le comme vous voulez. On peut légitimement viser un mieux-être de la petite personne, mais au final, c'est peine perdue. C'est absolument sans espoir pour la petite personne : elle n'existe pas ! C'est vouloir mettre une rustine sur une roue de vélo crevée de partout, et qui plus est, totalement imaginaire. Une roue de vélo fantôme. Ou comme disait Nisargadatta : c'est vouloir prendre soin du nouveau-né d'une mère stérile. Il n'existe pas, il n'a aucune réalité, autre que conceptuelle. Bien sûr qu'au sein de cette irréalité, de cette rêverie, tout semble réel ! Bien sûr qu'au sein du rêve, on ne peut pas nier les choses du rêve ! Elles existent pour elles-mêmes au sein du rêve. Mais une fois que le rêve est débusqué, qu'en reste-t-il ? Que reste-t-il du rêve, de sa prétendue réalité ?

Inlassablement, c'est sur ce point qu'il faut revenir. Toujours cette histoire du ciel de la conscience sur lequel n'importe quel phénomène, n'importe quel nuage peut se promener, apparaître ou disparaître... Ou cette histoire de l'océan de la conscience, de la paix des profondeurs, toujours présente, et de la vague de l'ego. La surface peut être extrêmement agitée, mais « les pires tempêtes n'affectent que la surface de l'océan »... Et depuis la profondeur, il est vu que la surface est un rêve de l'océan, un rêve de la profondeur. 
Ou encore cette image de l'écran de la conscience sur lequel n'importe quel film peut être projeté... Le film projeté sur l'écran est un rêve de la lumière. On peut trouver le film très beau, être totalement hypnotisé par le film et consentir à cette hypnose, mais quand on parle d'Eveil, on parle de mettre fin à cette hypnose, ni plus ni moins.

Voilà pourquoi l'Eveil, le Graal, la Pierre philosophale, le Trésor absolu, le Secret des Secrets... intéresse réellement si peu de monde. Voilà pourquoi toutes les affaires du monde, toutes les névroses, tout le mieux-être et toute la réussite du monde sont pour tout un chacun des stratégies d'évitement de cela. Et tant que cette distraction, cette amnésie, ce sommeil, cette hypnose nous convient, c'est très bien ! Mais ne commençons pas à nous plaindre de souffrir d'une hypnose à laquelle on consent entièrement... même si la plainte fait, tout comme le reste, partie du jeu : celui de la séparation, qui n'est qu'apparente... En fait, il n'y a pas, il n'y a jamais eu, réellement, de séparation.

Nulle autre que conceptuelle. D'où le fameux koan zen : "Comment peut-on s'échapper d'un bloc de pierre ?" 

En faisant un pas en avant. Le bloc de pierre n'a jamais existé autrement qu'en rêve et ailleurs que dans ton esprit.

Soyez donc rassurés. La séparation, la souffrance n'est possible qu'en rêve. Il n'y a rien à craindre. Ouvrez simplement les yeux.




mardi 16 avril 2013

L'incendie de l'âme



Comme un grand embrasement ;
un parfait embrasement.

L'incendie de l'âme est permanent et sans retour,
l'incendie de l'âme a déjà eu lieu.

La flamme de ton âme embrase tout l'univers ;
quelle est cette flamme qui n'est pas la tienne
et qui est pourtant toi davantage que toi-même ?

En un sens elle est tout ce qui est et qui sera jamais,
elle brûle de sa vérité tapie dans tes mensonges ;
même tes histoires sont belles pourtant,
bien que souvent tragiques.

Toutes s'enracinent dans l'histoire de toi-même,
mais ce premier masque de la personne n'est que le gardien de la flamme,
qui seule, comme dans le Nô japonais, t'attribue un rôle, 
une grimace, un sourire.

Tu n'as pas même à revenir à la Flamme,
reste simplement tranquille et vois comme elle brûle ton rêve d'être moins qu'Elle. 

Vois comme tout, en son sein paisible et tendre,
vois comme tout n'a jamais fait que brûler.



jeudi 11 avril 2013

mercredi 10 avril 2013

Lego de l'Eveil


La lumière a donné à l'esprit de l'homme trois outils pour l'atteindre : le sens de la nuance, le clair-obscur du paradoxe et l'ombre du doute.

Grâce à eux, l'étrange et douce clarté du point d'interrogation se fond dans un Silence bien au-delà des mots.


- L'Eveil ?

Eveil : fin de l'allergie à la souffrance comme à la liberté, au bonheur, à la paix véritables.

Eveil : juste la fin d'un concept ; celui d'où procèdent tous les autres concepts : "moi, je".

Eveil : impossibilité ou refus déclaré de refuser le réel. En conséquence, indépendance totale vis-à-vis de tout état ou circonstance. 

L'Eveil n'est que le produit d'appel de l'Etre.



- L'ego ?

Ego : carton d'invitation à la grande fête de l'Etre.

L'ego n'est qu'une mauvaise traduction du réel, et le paradoxe est que celle-ci n'est jamais mauvaise que pour l'ego. Pour le Silence ou l'Etre d'où tout procède, tout est bien.

Il n'y a jamais que le fait d'oublier être parfaitement libre, qui fait lui-même partie du jeu d'être parfaitement libre.



jeudi 31 janvier 2013

Daniel Morin - Maintenant ou Jamais



Je suis particulièrement heureux de vous annoncer la parution du nouveau livre de Daniel Morin, disponible depuis le 25 janvier aux Editions Accarias - L'Originel, dont le catalogue prestigieux dirigé par Jean-Louis Accarias, est unique dans le domaine de la spiritualité et des textes de sagesse : des classiques du bouddhisme ou de l'hindouisme, aux expressions les plus récentes de la sagesse laïque et de la non-dualité (Douglas Harding, Tony Parsons, Francis Lucille, Swâmi Prajnanpad, Arnaud Desjardins, André Comte-Sponville, Stephen Jourdain, Karl Renz, etc.)...

Après Eclats de Silence - L'indicible simplicité d'être en 2010, Daniel Morin développe et approfondit dans ce nouveau livre, notamment au fil d'un long entretien avec le philosophe Alexandre Jollien,  une approche radicale, claire et essentielle avec laquelle je me sens profondément en accord.

Daniel Morin fut le bras droit d'Arnaud Desjardins à Hauteville pendant de nombreuses années. Le jeune élève d'Arnaud que j'étais alors a eu la chance de travailler avec lui... et s'en souvient avec gratitude ! C'est d'ailleurs essentiellement sous sa direction (et bien sûr celle d'Arnaud) que j'ai cheminé lors de mes séjours là-bas, il y a une dizaine d'années. Je garde une reconnaissance sans bornes pour Daniel, pour sa façon si simple, directe et sans détours de formuler l'enseignement, qui ne laisse pas la moindre chance au mental de s'immiscer et de reprendre celui-ci à ses fins, et pourtant toujours pleine d'humour et de bonté. ...Et de savoureuses anecdotes que je raconterai peut-être un jour ici, ou dans les pages d'un livre.

Je suis également très heureux de vous annoncer la parution, en juin, de mon premier ouvrage pour le même éditeur, Accarias - l'Originel; Le Livre du Silence - 111 Portes sur le Royaume. Mais j'aurai l'occasion de vous communiquer davantage de détails prochainement à ce sujet. Quoi qu'il en soit, ne manquez pas le nouveau livre de Daniel Morin.

4e de couverture :


Ce qui est commun à tous les êtres humains, c’est l’envie de connaître un sentiment de plénitude qui dure face aux manques vécus dans la vie courante. Or ce sentiment de plénitude, de non-manque, n’apparaît que par la dissolution de la croyance à ce qui est appelé ici “l’entité séparée”.
Nous vivons  en effet une histoire fictive que nous ne remettons jamais en doute et qui consiste à croire à un personnage réel autonome (le moi séparé), qui pense pouvoir gérer sa vie. Cette illusion première acquise comme vraie est à l’origine de nos illusions et de nos insatisfactions.
Pour Daniel Morin, l’unique racine de toutes les croyances est l’interprétation fausse que nous sommes une individualité “étanche” qui se croit propriétaire de son corps, ayant une faculté de libre arbitre.
Ce livre n’a pas pour finalité de proposer une nouvelle recette en vue d’obtenir plus tard une amélioration de notre condition personnelle et relationnelle. L’auteur propose un retournement, une position radicalement opposée à l’idée de progression, qui consiste à vivre l’immédiateté comme étant l’expression exacte et impersonnelle de la Vie telle qu’elle est perçue. La dissolution de l’entité séparée n’est pas un but à atteindre dans le futur, car la vision de l’illusion d’être une entité autonome n’est possible que maintenant.
Tout en remettant radicalement en cause nos espérances, Daniel Morin redonne de la valeur à notre humanité et réhabilite l’ordinaire. Il nous invite à “oser être vraiment soi-même”, dans la présence à l’instant.
La seconde partie de l’ouvrage est un entretien amical avec Alexandre Jollien.

La vie commence maintenant. La vie finit maintenant.

Daniel Morin est né à Blois en 1944. Ouvrier dans la métallurgie pendant plus de trente ans, il a travaillé aux côtés d’Arnaud Desjardins entre 1995 et 2008 et vit aujourd'hui à Montpellier. Il a publié Éclats de silence, l’indicible simplicité d’être.


mardi 18 décembre 2012

Anoushka Shankar - Tout est Miracle






Quel miracle !
Tout ce que je cherchais ailleurs,
tout ce vers quoi je rampais les genoux en sang, 
tout ce que je cherchais si fort au fond de tes yeux, ma Beauté,
tout cela est en moi, tout cela est moi,
parce que le je n'est rien,
parce que le Soi est tout ce que je suis.

Ô ma Belle, nous n'avons jamais été séparés,
dans un sourire ou tapi au coeur d'une larme,
d'une offense comme d'un geste d'amour, 
tout gémit, tout s'aime, tout exulte,
tout est Miracle de ta Beauté.


Merci à Cyril Mazin pour la vidéo. ;)

C'est suffisant.


Dans le Soi, le Silence, nulle pensée.

À la surface, plein de pensées, c'est le jeu naturel du mental.

On ne peut pas l'arrêter.

Mais on peut diriger l'attention vers cet espace,
cette profondeur du Soi et du Silence,
et laisser le bruit des pensées s'éloigner simplement.

C'est tout et c'est largement suffisant,
et c'est aussi simple que ça,
parce que le Silence n'est pas une denrée rare :

il est partout ;
en fait, il contient tout.

...Même l'agitation du mental !




mercredi 12 décembre 2012

MATRIX : de l'autre côté de la Matrice...


Tu peux passer de l'autre côté de la matrice.
Là, il n'y a plus de temps.
Il n'y a plus d'espace.
Tout est paisible et tout est bienvenu.
Tout resplendit de la même lumière, de la même incandescence.
Tout est vu dans sa nature, dans sa réalité la plus fondamentale.
Tout baigne dans le même Silence.
Le grand silence du Témoin magnifique.
Et le silence en deçà du Témoin lui-même.
Un Silence qui Aime et conjure toute peur.
Tout baigne dans la même Joie, la pure joie d'Etre.
Juste là, immédiatement, tu peux passer de l'autre côté de la matrice...

En vérité, tu y es déjà.


*


Le Silence est le Grand Refuge, le Royaume.
Tu es l'espace entre les choses,
tu es le silence en deçà de tout,
la lumière libre de la personne.

Le Royaume du Silence est le Royaume du Réel,

des choses telles qu'elles sont, avant et malgré nos histoires.


*


Ne fais pas du Royaume un concept, il précède tout concept, toute brique de la matrice.
Ne fais pas du Royaume un nouvel objet de désir, de distraction et de lassitude.
Le Royaume est avant et malgré toute idée, toute pensée, toute brique de la matrice.
Voilà pourquoi le silence est le plus court chemin vers lui.
Et l'amour qui surgit du silence, aussi sûrement que le vrai du faux et la lumière de l'obscurité.


*

Depuis le Royaume, la souffrance est vue pour ce qu'elle est : pure illusion d'optique née de la matrice.
En somme, elle n'est d'aucun effet, est impossible et le fruit chimérique du jeu que tu as choisi.
Quand tu formules un doute quant à la matrice, tu formules un doute quant à la réalité de la peur, de la souffrance, quant à ta propre identité et celle des autres, quant à la réalité de ce monde.
Non que rien n'existe seulement, mais rien n'existe autrement qu'en imagination dans ce monde, soufflé par le rêve d'un Royaume que tu es entièrement.
Encore que ce Royaume n'est pas un objet,
mais le Sujet pur, mais un seul Verbe :

Être. Aimer.


*

Il n'y a plus d'autre, car il n'y a pas d'entité au-delà de la personne, au-delà de la matrice.
Mais tu te reconnais dans chaque élément de la matrice, chacun est toi sans distinction.
Le corps qui exprime la matrice n'est pas moins toi que celui de ton prochain, même s'il te semble voir et goûter la matrice par ses sens.
C'est une porte qui donne d'un côté sur la matrice et de l'autre au-delà d'elle, sur le Royaume.
Mais la matrice vue depuis le Royaume est encore le Royaume, son rêve fait de Lui, et tu n'as jamais quitté le Royaume qu'en illusion, qu'en apparence.
La peur fondamentale née de la croyance en la matrice, regarde-la bien en face avec les yeux du cœur, les yeux du Royaume, et tu verras que la mort est le spectre de la Vie, la Vie éternelle :

tu verras que la peur n'est que le fantôme de l'Amour.





jeudi 29 novembre 2012

Poulenc par Poulenc

Musique en liberté, sublime et rare : le 2e mouvement du concerto pour deux pianos de Poulenc, interprété par Poulenc et Février en 1962. 

"Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été." Albert Camus


lundi 19 novembre 2012

Que faire de l'ego ?





"Que faire de l'ego ?
Rien ! Ignorez-le, laissez-le tranquille !" disait Jean Klein.
Et bien sûr, il est loin d'être le seul !
Toute entreprise visant à se libérer de l'ego ne peut que le renforcer.
Le thème de l'ego est au coeur de toute démarche spirituelle. C'est le noeud de tout cheminement intérieur, la boule dans la gorge de l'être... du moins en apparence ! Et si on changeait simplement de point de vue à son sujet ? Et si l'ego était notre meilleur point d'appui, notre meilleur allié ?
Sur ce sujet au fond universel, je poste ici un échange passé en commentaires du tout dernier billet ("Seules fabulent nos fables..."), qui sera sans doute plus visible ainsi.


Oui, mais nos "petites histoires" envahissent nos esprits et nos vies, bel et bien, et pas souvent pour le meilleur...
Laisser faire semble rarement aider à dissiper ces illusions et leurs conséquences néfastes : illusions et conséquences sont bien réelles, inutiles (l'inutile fardeau...), mais bien réelles.
Il faut donc "faire" quelque chose...et ce "faire" ne me paraît pas simple...mais pas simple du tout. La désintoxication me semble même assez ardue. 
J'ose le terme : l'ego est une drogue, une drogue dure dont l'objectif principal -enfin c'est ainsi que je le ressens pour le moment- est de nous assurer que nous sommes bien vivant, c'est l'instinct de survie dans sa forme la plus élémentaire.
L’empreinte de l'ego conditionne la forme, la structure même de nos réseaux de neurones. Cette empreinte est "câblée" en "hardware", pas étonnant qu'on ait beau savoir être dans l'illusion et malgré tout continuer à jouer les mêmes bonnes vieilles routines. 
Mais ces réseaux sont plastiques, la science l'a démontré, alors, finalement, il faut s'atteler à la tâche, tels des sculpteurs.
Je ne dis pas qu'il n'existe pas d'autres moyens, plus directs, je n'en sais rien du tout, voilà tout...

Bises,
Cyril


Cher Cyril,
on peut en effet voir l'ego comme une drogue. L'ego est l'expression du sens de la séparation, ou la croyance en un être séparé, l'identification à un corps... En ce sens, l'ego est souffrance, et la souffrance est la seule drogue dont la fonction... est d'apprendre à s'en passer ! ;)
Perçu depuis l'Eveil, l'ego n'existe pas vraiment, pas plus que la souffrance. Tout cela fait partie du rêve, ok. Mais celui-ci semble éminemment réel, solide et indubitable du point de vue de l'ego ! Quoi de plus difficile dans une situation douloureuse, ou face à un épineux problème, partant de son point de vue, que de se convaincre que tout cela n'est qu'apparence ?
Même si c'est vrai, c'est totalement faux pour l'ego et simplement IMPOSSIBLE à concevoir. (et entre nous, tant mieux ! ce serait ajouter une béquille conceptuelle de plus, une croyance de plus, une illusion de plus...) Ah, ça nous fait une belle jambe, hein ? ;)
Réaliser notre impuissance totale à ce sujet est en fait indispensable. Comme le dit abruptement Tony Parsons : il n'y a AUCUN espoir pour le personnage, pour la petite personne... et la liberté se situe de l'autre côté du désespoir, ou juste en deçà. Le paradoxe est que la Porte du Royaume ne s'ouvre qu'avec cette clé : réaliser notre absolue impuissance en tant que personne (persona, le masque !) permet de tomber le masque, rendre les armes... abdiquer en faveur de l'Etre, se soumettre au Réel... Cesser de prétendre pouvoir contrôler quoi que ce soit est paradoxalement le gage de notre liberté absolue en tant qu'Etre, et c'est en ce sens que nous n'avons rien à faire. Que nous pensions faire ou contrôler quoi que ce soit ne change rien à l'affaire, cela ajoute en surface plus ou moins d'illusion et de souffrance, mais nous ne contrôlons et ne faisons rien en réalité, car il n'y a rien à faire ou contrôler : la Vie, le Réel, l'Etre, appelons ça comme on veut, s'en charge parfaitement bien ! "Moi" n'est que le fardeau surimposé sur ce qui se produit parfaitement sans "moi" : l'admirable et fascinant fonctionnement de l'organisme, les battements de notre coeur, le va-et-vient de la respiration, et bien sûr des pensées... des émotions... des désirs et des choix mêmes pour que nous prenons pour "nôtres". De toute façon, des décisions sont prises, pour répondre d'une façon juste, et l'instinct de survie prévu par l'Etre (que nous sommes) est une excellente chose ! Le problème surgit quand nous pensons qu'il s'agit de NOTRE survie. On ne protège qu'un nom, une forme, qui a le droit d'aller au bout de son expression, comme un chant... mais la musique que nous sommes n'a pas à être protégée ! Ce qui fonde nos forces échappe à l'effondrement.

Sans jeu du mental, sans crispation sur ce jeu du je, une réponse juste à un apparent problème, une situation, est donnée, sans commentaire inutile, sans histoire autour, sans plainte ni regret, sans crainte ni anticipation. Inutile d'en rajouter.
A partir de là, percevoir qu'il y a quoi que ce soit à faire pour Etre est encore un tour de passe-passe du mental. Même si les enseignants des voies dites progressives laissent à leurs élèves accepter cette idée, ils reconnaissent volontiers qu'on progresse dans la voie du mensonge (laisser l'ego croire qu'il peut faire quoi que ce soit pour se libérer... de lui-même ! ^^) jusqu'à être en mesure d'entendre la vérité. (c'est ABSOLUMENT sans issue pour l'ego.) Il est également possible de choisir une voie plus abrupte, plus directe, insistant sans cesse sur l'immédiateté du Réel. Pourquoi le remettre à plus tard ? Parce que l'ego ne veut pas lâcher. Mais il ne lâchera jamais. Et ça tombe bien, il n'a pas à le faire. Car il n'y a jamais eu d'ego, d'entité solide "moi", juste une pensée après une autre, toutes conditionnées depuis l'enfance, mais qui n'ont pas plus de réalité que des nuages dans le ciel ! Cela ne change en rien le ciel de l'Etre : ce que tu ne peux pas ne pas être, le flux de la Vie même. Les pensées ont et auront toujours le droit de surgir, et la possibilité de voir que nous ne sommes pas tenus de les suivre est toujours présente. En vérité, elle n'est pas qu'une possibilité : en profondeur, l'Etre n'a jamais suivi la moindre pensée mais accueille tout ce qui surgit spontanément. Transcendant le temps, l'espace et la causalité, la profondeur de l'Etre échappe aux jeux de masques de nos personnages, sans en être jamais séparée. Car ces jeux font eux-mêmes partie de ce flux produit par l'Etre ! Laissons l'ego, le personnage à ses jeux d'enfants ! Enjoy it ! Le comble de l'ego serait de le prendre trop au sérieux. Eckhart Tolle dit à ce sujet : "ne faites pas de l'ego une affaire personnelle." ;)
Be happy ! L'ego n'est pas séparé de l'Etre, la surface n'est pas séparée de la profondeur, de la Paix toujours présente, de la Joie sans objet, donc sans contraire, du Silence en deçà de ces mots, et vers lequel ils ne cessent de pointer. ;)
Il y aurait une infinité de façons de pointer vers "cela" qui Est, AVANT l'ego, MALGRE l'ego... Ce soir, je l'exprime d'une façon, demain ce serait d'une autre.
Et je suis désolé pour le retard à répondre à ton précieux commentaire.
Bien à toi !
Des bises
Rodolphe

Tableau de Christine Bouzou 

mercredi 24 octobre 2012

Seules fabulent nos fables...



"La vérité est un pays sans chemin", écrivait Krishnamurti.

Tous les chemins mènent ici, à ce point, juste là,
cet espace de l'être où toutes les croyances cèdent la place à l'évidence du réel.
Là réside l'amour vrai.

Tous les chemins mènent à ce qui est déjà là.

Au fond, tous les chemins nous prennent par la peau du cou comme un chaton et nous ramènent très exactement ici, au réel que nous n'avons jamais quitté autrement qu'en rêve.

C'est cela l'Eveil, malgré toutes les confusions qu'engendre ce terme.

Immobile et parfait, le Réel ne bouge pas ; seules nos petites histoires se déplacent en lui.

Seules fabulent nos fables au cœur de l'ineffable.







mardi 16 octobre 2012

Ce qui aime EST ce qui est aimé


"Vous pouvez l'emmener avec vous." Nisargadatta

Elle est toujours la même sous des noms, sous des yeux différents.
Elle est plus intime que moi-même, Celle que j'Aime.

On croit toujours aimer une personne
et on aime la Source qui aime et rayonne
malgré la personne.

La Source de celle qui est aimée et de celle qui aime est la même ;
il n'y a pas deux Sources.

En amour comme ailleurs,
la personne est un léger voile entre la Source... et la Source.

C'est toujours un rêve, un masque, une personne différente
que tu aimes,
que tu croises,
ou que tu vois dans ton miroir le matin,

...mais c'est toujours le même Être,
toujours le même Amour.

*

Indicible Secret, indicible Amour...


Pourquoi se lamenter que notre langage soit duel et naturellement impuissant à dire l'indicible ?

Sans parvenir à le dire, il cible l'indicible et c'est là sa Beauté.
Le malheur ne se pointe que lorsque le mot est mis en cage, la vérité brandie en étendard et aussitôt assassinée. Mais le langage est beau de ses limites en forme d'ouverture.

Comme chacune de ces phrases, toute personne, toute vérité, toute expression est relative et ouverte.

Déplorer l'impuissance du langage, c'est pleurer après le monde entier et la manifestation toute entière !

La dualité pleinement comprise est une dualité pleinement célébrée.
Car seul le Deux peut pointer vers le Un.

Le Un ne peut pointer vers lui-même, ne peut s'étreindre lui-même.
Pour s'étreindre il faut être Deux.
Ou plus exactement, il faut être Deux en Un,
Un déguisé en Deux.

Seule la dualité est invitation, appel de la Source.
Seule la dualité permet l'amour, l'étreinte et la compréhension.

La dualité n'est jamais qu'apparente, mais indispensable à l'étreinte, à l'amour.

"L'amour est le sens et le but de la dualité." Nisargadatta

*

La Vie est une totale chute libre vers soi-même.
Là où on pensait se trouver soi-même, on ne trouve personne.

L'Amour est une totale chute libre vers l'autre.
Là où on pensait trouver l'autre, on se trouve soi-même.



Tableau de Christine Morency.



mardi 9 octobre 2012

Rien ne nous est étranger




Songe un instant que rien n'est séparé en ce monde, en dépit des apparences, même et surtout dans ton mental qui tranche, découpe, divise, limite, éloigne, arrache.

Songe un instant que tout est UN, déguisé en multiple, infiniment grimé en tout masque, en tout motif, en toute vague, en toute forme.

Songe que nul n'échappe à l'unité du Réel autrement qu'en imagination, et songe que cette imagination elle-même n'est aucunement retranchée de tout ce qui est.

Et si ça pique, songes-y vraiment.
Et si ça brûle, vois les refus, les objections, les "ce n'est pas si simple" un à un se lever en toi.

Et songe que ces refus eux-mêmes ne sont jamais séparés du reste, jamais exilés du tout, UN avec tout le reste.

Que reste-t-il alors sinon un OUI sans limites ?

Et songe que cette brûlure est aussi ce qui brûle en toi, ce que tu es vraiment : ce grand feu de l'Etre qui tout consume.

Que reste-t-il alors sinon la liberté absolue, tant désirée ?

Tu es la liberté du Feu.

vendredi 5 octobre 2012

La Vie sans 'moi'

En guise de mots d'amour à d'autres moi-même...

Ça ne marchera jamais que si tu t'oublies.
La Vie se vit sans 'moi' !
La Vie sait parfaitement ce qu'elle fait.
Alors, who cares ? Qui s'en soucie ?


Nul besoin d'une notion de "moi", d'un individu pour s'approprier la Vie et la cloisonner.
La prison du "je" est un jeu. Vois-le simplement comme tel !

Rien ne t'est étranger.

C'est toujours en toi-même que tu marches.

C'est toujours Toi déguisé en quelqu'un ou quelque chose,
et tu es toujours la Vie en deçà de ses masques.

Chemine ardemment vers l'Eveil mais prends garde à ne pas t'emprisonner dans l'idée d'un Eveil à obtenir, d'un état à conquérir comme un objet, d'un but à atteindre qui ne soit déjà présent.
L'Eveil est simplement la vraie nature de l'Esprit, elle n'est pas à trouver, elle est déjà là.
Il s'agit juste de le voir et de s'y établir sciemment.

Tout ce qui importe au fond, est simplement de parvenir à consentir que tout est déjà accueilli au centre, dans la profondeur.
Tout est déjà accueilli, accepté, consumé dans le même mouvement, simplement parce que c'est.

Tu penses être le personnage en quête de cela, et tu es simplement cela en amour avec le personnage.



mardi 2 octobre 2012

Nisargadatta (1897-1981) - Perles d'Eveil...


La Source parle,
déguisée en Nisargadatta,
déguisée en Jeff Foster,
déguisée en vous, en moi
... ;)


Rien ne peut vous rendre libre car vous ÊTES libre. 
Voyez-vous vous-même dans une clarté sans désir, c'est tout. 

Le JE SUIS est une certitude. 

Le JE SUIS CECI n'en est pas une. 


Cette lumière par laquelle vous voyez le monde est cette minuscule étincelle : "Je suis", si petite en apparence et qui est, cependant, au tout début et à la fin ultime de tout acte de connaissance et d'amour.


L'univers objectif est constamment en mouvement, projetant et dissolvant d'innombrables formes. Dès l'instant où une forme est animée par la vie, la conscience apparaît par réflexion de la présence dans la matière. 



-C'est comme de se tenir entre deux miroirs et de s'étonner de la foule !
-Vous avez raison, vous seul existez, et le double miroir. Entre eux deux vos noms et formes sont innombrables. 

Vous êtes la possibilité infinie, l'inépuisable possibilité. Puisque vous existez, tout peut exister.

L'amour est le sens et le but de la dualité.

La conscience qui est en vous 
et la conscience qui est en moi, 
deux en apparence, une en réalité, 
recherchent l'unité et ceci est l'amour. 


Nisargadatta


L'amour est la reconnaissance qu'en tant que conscience, 

je suis ce que tu es, tu es ce que je suis. 

En écho, Jeff Foster



lundi 1 octobre 2012

Envol en forme d'Eveil... et réciproquement.




et c'est l'Envol d'un instant suspendu...
et c'est l'Amour qui tout consume...
et c'est l'Amour du Réel.

A comparer avec cette autre version... (faites votre choix ! ^^)



Merci à Cyril Mazin et Alice Benveniste pour les liens. ;)


mercredi 26 septembre 2012

Ne prenez rien au pied de l'Etre


Quand il est dit, par exemple, que "la conscience n'est pas localisée", que  "votre corps est l'univers", ou que "vous n'êtes pas l'agissant", cela ne fait pas forcément tilt tout de suite. Quoi qu'il en soit, ne prenez rien au pied... de l'Etre.

Toute parole de sagesse peut à un moment ou un autre sembler obscure, paradoxale ou trop abstraite. Et même si toutes sont rigoureusement exactes, si certaines vérités ne vous parlent pas et ne trouvent dans l'immédiat aucun écho en vous, prenez-en simplement note... et oubliez !

Quand un élève d'Arnaud Desjardins, auquel ce dernier venait de prendre la peine de fournir une réponse extrêmement développée et détaillée au problème qui le préoccupait, lui demanda : "Et... et qu'est-ce que je fais maintenant ?", Daniel Morin répondit aussitôt : "Maintenant ? Tu tires la chasse !"

Toute vérité ne fait que pointer vers le Réel, vers ce que vous êtes déjà, de la même façon que "la Beauté est la splendeur du Vrai", comme disait l'ami Platon.

Il n'y a que dans l'ouverture à ce qui est, par la reconnaissance que rien ne nous est étranger, que vous ressentirez profondément la raison de telles assertions et leur réalité, leur évidence même.

Une évidence qui n'a rien d'une croyance et ne peut être ni pensée ni atteinte, puisqu'elle est en deçà des superpositions du mental, et que vous y êtes déjà.

Il s'agit simplement de ressentir que tout ce qui apparaît, y compris toutes les productions de l'ego, - le vôtre et celui des autres, qui ne sont pas moins vous... -, est déjà accueilli dans cette ouverture que vous êtes en vérité.

Accueilli, vu, aimé et consumé dans le même mouvement, exhalé dans un seul geste d'amour comme une miraculeuse bouffée de fumée.

Tout est vagues et volutes, et vous êtes cette présence intemporelle, cet œil unique qui prend infiniment conscience de cela, en est librement et désespérément amoureux et jouit sans entrave de cet amour inconditionnel pour son exhalaison, son tour de passe-passe d'une beauté sans bornes, contenant simultanément, ici et maintenant, les infinies potentialités de beauté et d'incandescente liberté.

Le trésor sur lequel vous êtes assis est véritablement le trésor absolu, et vos rêves les plus fous ne seront jamais que paille en regard de votre trésor, de votre Royaume !

"Be happy !" Vous n'êtes pas un moi séparé, vous êtes la Vie, et la Vie sait parfaitement ce qu'elle fait... alors, "who cares" ?

Vous êtes la Vie, vous êtes sublime, vous êtes absolue Beauté.
Vous êtes la Vie, vous êtes libre, vous êtes toute Liberté.

L'état de nature n'est pas à retrouver, il s'agit simplement d'en prendre conscience.

L'Eveil n'est pas un état à obtenir, caché quelque part.
L'Eveil est le Royaume et le Royaume est tout ce qui est.
L'Eveil est la prise de conscience qu'il n'y a jamais eu qu'Eveil.

L'Eveil, c'est la Vie sans "vous", c'est la Vie sans "moi".

C'est la Vie sans ce déguisement magnifique et trompeur, ce travestissement sublime et dérisoire de l'ego, de l'Etre infiniment libre, apparemment englué dans le nom et la forme, et cette auto-hypnose de la séparation.

C'est la Vie, libérée de cette réduction à un corps, un visage, un nom, qui ne sont que le centre temporaire de ce que vous êtes, provisoire tour d'observation et d'expression au coeur de votre liberté.

A jamais insoumise au temps, à l'espace ou la causalité, bulles de rêve, bulles de conscience amoureuse que vous soufflez sans cesse avec la même joie enfantine... juste derrière le masque de la petite personne.

Alors, tout s'éclaire. La parole, la sentence, l'aphorisme autrefois obscur est soudain limpide, transparent, pur reflet de ce qui est, de la splendeur du réel, en deçà de tout préjugé, de toute croyance, de toute théorie, de toute histoire...

"Et maintenant ? Tu tires la chasse !" ;-)



mercredi 19 septembre 2012

La Grande Fable de l'Ineffable





Sur le terrain spirituel, les coups de gueule des enseignants, passeurs et autres amis spirituels sont parfois salutaires. A choisir, je les préfère tournés vers les limites de la voie que l'on dispense soi-même.

Toutes les voix et voies authentiques peuvent bien chanter d'apparentes vérités contradictoires ; elles pointent toujours vers le même Silence. Quand le sage montre la lune, on a pourtant souvent tendance à trop regarder le doigt... Et à le trouver trop court, trop long, trop clair ou trop sombre, trop ceci ou cela... quand il ne fait que pointer !

Que certains ressentent ou non ce Silence ou cette Lumière comme une "Joie sans objet" (Jean Klein), une "Paix toujours présente" (Desjardins), le Vide du Tao ou du Chan, le Nirvana bouddhiste ou l'Etre Conscience Béatitude du Vedanta... il ne s'agit toujours que de points de vue fragmentaires et personnels, de fables pointant vers l'ineffable impersonnel.

Et tous ces points de vue participent à cette grande fable de l'ineffable écrite à une seule voix, en dépit des apparences et malgré cette incandescente pluralité.


S'attarder sur les mérites ou limites de telle ou telle forme pointant vers le sans-forme, de telle ou telle vague pointant vers l'océan me semble assez vain et dérisoire.

C'est un peu comme si en musique on nous demandait de choisir entre Mozart et les Beatles, Bach ou Daft Punk. Moi je prends tout. On n'est pas obligé de choisir et l'ouverture sur d'autres fables est toujours un signe d'ouverture sur l'Ineffable.

On n'est pas obligé de choisir entre voie progressive et voie directe.

On n'est même pas obligé de choisir entre ego et Eveil. ;)

On a fatalement ses préférences, mais on n'est certainement pas obligé de choisir...

...entre les partisans actuels de l'approche directe la plus radicale, tels Tony Parsons, Karl Renz ou Jeff Foster, qui insistent tellement, et de façon si convaincante, sur le fait que toute situation est déjà accueillie, juste sous le plancher du moi psychologique...

...et une voie zen, ou l'adhyatma yoga façon Prajnanpad / Desjardins ou l'advaïta sauce Klein / Lucille, ou encore Douglas Harding (à relire peut-être : Les religions du monde, Ed. Accarias, fabuleux opus réconciliateur !), qui ont aussi insisté sur la purification nécessaire du mental afin de pouvoir VIVRE cela dans l'ouverture que nous sommes, et non plus l'appréhender intellectuellement comme une connaissance de seconde main.

Bien que tout coup de gueule ait sa place (comme tout a sa place !), pourquoi continuer à se fixer / figer encore sur ce qui sépare telle ou telle sagesse ? Il y a tant à jouir et se réjouir de ce qui les réunit !

Chaque voie, chaque voix qui chante l'Eveil est une fable pointant vers l'Ineffable.

Aucune n'est réelle, toutes pointent vers le Réel.
Aucune n'est vraie, toutes pointent vers la Vérité.
Aucune n'est aimable, toutes pointent vers l'Amour qui seul Est.

"Beaucoup de salut hors d'Hauteville" nous rappelait souvent, à Hauteville, Arnaud Desjardins, qui visait avant toute autre priorité le dialogue entre toutes les voies, laïques ou religieuses, dans la quiétude qu'apporte la véritable compréhension mutuelle, au-delà des apparents clivages de surface.

Et de cette compréhension naît naturellement l'amour.

A quoi d'autre peut bien servir l'exercice de la sagesse ?

Comme l'écrivait un ami cher, le poète Rodolphe Bléger, "la paix du monde est une fable, la paix du monde est une fable, la paix du monde est une fable... la Paix du Monde est ineffable."

lundi 17 septembre 2012

Toutes vagues passantes


Tout est vagues, et toutes vagues passantes.

Parfois, en tant que vague, nous restons fascinés par le spectacle d'une autre vague ; par sa lumière, ses couleurs, son mouvement, par tout ce qui se fait en elle l'écho sublime du grand océan.

Parfois, une vague se reconnaît en l'autre en tant que grand océan, et l'amour naît.

Parfois, une vague se reconnaît elle-même comme le grand océan, et il n'y a plus alors ni soi ni d'autre : tout est perçu comme le grand océan.

Alors, la séparation cesse ; alors la souffrance cesse : chaque vague est perçue depuis le grand océan que nous sommes, pas depuis la petite vague passante.

Et chaque vague est merveilleusement à sa place ;
et toutes chantent, en passant,
la non-peur, l'amour, la joie pure du grand océan.



A Divine Love Affair



vendredi 14 septembre 2012

Musique au bord du Silence


Il y a des musiques qui semblent pointer directement vers l'Eveil.

Non qu'elles soient plus "spirituelles" ou "profondes" que d'autres, elles ne le seront jamais plus que le miaulement d'un chat, le chant d'un oiseau ou celui d'un marteau-piqueur... ;)

Mais elles naissent d'un sentiment d'ouverture puissant, qu'elles semblent pouvoir transmettre à l'auditeur.

Ces musiques au bord du Silence peuvent être calmes ou très enlevées, mais toutes chantent cette "lumière libre de la personne" dont parlait si bien Jean Klein.

Dans un flux régulier d'énergie rayonnante, elles nous parlent de la Source sans carotte pour le mental, sans confusion possible pour l'intellect. En d'autres termes, elles commencent là où les mots deviennent impuissants.

C'est dans cette direction que Philip Glass (cf. Echorus un peu plus bas), Arvo Pärt, Wim Mertens, Johann Johannsson ou Max Richter oeuvrent à leur façon, pour ne citer qu'eux.
C'est dans cette direction que je tente également de pointer.

Pour ce tout récent projet, la vénérable Deutsche Grammophon a proposé à quatre musiciens contemporains de revisiter à leur façon d'incontournables classiques. Un certain Max Richter a hérité de quatre indissociables concertos d'un certain Vivaldi.

Bien sûr, Vivaldi restera toujours Vivaldi... mais d'une certaine façon, j'avais toujours rêvé de les entendre AINSI. La fusion des deux langages est particulièrement délicate et fructueuse... transcendante.

A écouter aussi en parallèle : le sublime deuxième concerto pour violon de Glass, qui ne revisite pas Vivaldi mais reste construit autour des quatre saisons...




lundi 10 septembre 2012

L'Incendie d'Amour


Il n'y a jamais rien eu à ôter ou ajouter à cet instant pour que celui-ci soit parfait et complet.

L'univers entier est une trace de toi. Un écho de ta Beauté, depuis toujours et pour l'éternité.

La liberté qui sourd de tes yeux, la flamme qui y danse n'a d'autres limites que celles que tu lui accordes.

Laisse simplement la Vie te brûler ; laisse ce qui est consumer entièrement ce qui n'est pas, la résistance à ce qui est. 

Laisse ce feu dévoiler ton absolue liberté.










mercredi 15 août 2012

Comme un bouchon de liège...




Il s'agit, dit-on sans doute avec raison, de se centrer, de s'ancrer pour se pacifier. De déplacer peu à peu le centre de gravité de la conscience, de la surface à la profondeur, de la vague à l'océan, du film à l'écran, de l'ego à l'absence de moi, à l'Etre.

C'est bien beau, ça ! Mais longtemps, tu auras l'impression d'être comme un bouchon de liège. Et de remonter à la surface d'un seul coup, aussitôt calé dans la profondeur.

Les ancres seront d'abord inexistantes. Puis elles ne résisteront pas. Puis elles résisteront mieux...
Enfin, tu n'en pourras plus de lutter et lutter encore pour rester dans la profondeur !

Alors, en renonçant, totalement vidé, épuisé, exsangue, tu verras que tu n'as plus besoin d'ancre... Et pire ! Tu réaliseras, consterné d'émerveillement, que tu n'avais jamais eu besoin d'ancre !

S'ancrer, se centrer n'était nécessaire que tant que tu croyais à l'histoire, à l'existence de la surface et à celle de la profondeur. A l'existence, à l'histoire d'un personnage à centrer, à ancrer.

Mais il n'y a qu'une profondeur sans surface. Ou une surface sans profondeur.

La souffrance apparente est le leurre avec lequel tu te pêches toi-même dans le rêve de la surface.
Le leurre, c'est de vouloir la profondeur sans quitter la surface, sans renoncer à la souffrance. Ça ne marche pas terrible.

Pourtant, dans tous les cas, tu ne peux jamais quitter ce que tu es. Quand l'ego est vu pour ce qu'il est, une simple pensée « moi », il disparaît. Seul un fantôme tentait de quitter la surface et de s'ancrer en profondeur. Seul un fantôme croyait être en liège et souffrait en surface, et se débattait de toutes ses forces pour ne pas se noyer, pour ne pas atteindre les profondeurs.

Tu es la profondeur que tu n'avais jamais pu quitter autrement qu'en rêve.

Tu ne peux pas ne pas être ce que tu es. Ce que tu es vraiment, tu ne peux simplement pas ne pas l'être. Et c'est parfait. C'est aussi simple que ça, et de tout temps complet.
Rien à obtenir, rien à ajouter, juste à perdre l'idée que tu puisses être autrement, plus tard, ailleurs. Voilà pourquoi la voie directe est quasiment toujours une voie progressive. Et pourquoi la voie progressive est toujours une voie directe.

Celui qui quitte la caverne pour la lumière, celui qui renonce à la surface, à la tourmente, à l'obscurité, s'aperçoit qu'il n'avait jamais quitté la lumière, la paix des profondeurs.

Et qu'il n'y avait jamais rien eu à craindre, parce que le temps n'a jamais existé qu'au sein du rêve.
Ce temps irréel est un temps pour toi nécessaire, exactement nécessaire, au grain de sable près. Un temps sur mesure, le temps de l'expérience du rêve.